T’as un vagin et t’es pas féministe? Je ne comprends pas.

2abe07df390f1530a

Ça me revient en tête, depuis. Récemment, en l’espace d’un mois, il m’est arrivé 3 bouts de discussion décourageants. En virtuel et en réel. Peut-être suis-je naïve au point de croire que je partage exactement les mêmes idéaux de tous les gens côtoyés par moi-même ou mes ami.e.s. Ces commentaires de femmes, en chair devant moi ou, derrière leur clavier (lors d’un débat, dans une plateFBorme sociale dont je tairai le nom ici) prouvent qu’elles se dissocient du mouvement féministe. Ces femmes signifiaient, soit qu’elles y voient clairement du négatif, ou qu’elles ne comprennent pas pourquoi il est toujours nécessaire de parler de féminisme en l’an 2015.

Le mouvement a connu des branches plus radicales, le mot « féminisme » est donc perçu par certain.e.s comme ayant une connotation plutôt péjorative.

Ces discussions m’ont fait dresser les cheveux sur la tête (et non le poil des aisselles, puisque je n’en ai plus – comme quoi on peut être féministe, porter des talons haut ben souvent et s’être fait enlever des poils au laser, toi chose)! Ça me dépasse de penser que des femmes me semblant plutôt éduquées, en 2015, ne voient pas l’importance du féminisme. Ou pire, veuillent s’en dissocier.

Ces discussions m’ont mises en furie. Il y a plusieurs courants de pensée féministe. Ils ne conviennent pas à tout.e.s. et c’est parfait comme ça: on aime le choix. Mais une chose est certaine, le concept de base est le suivant : le féminisme veut l’égalité entre les sexes et, prône les droits des femmes. 

C’est aussi simple que ça.

Wikipédia :

Le féminisme est un ensemble d’idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à définir, promouvoir et établir les droits des femmes (…) Il s’incarne dans des organisations dont les objectifs sont d’abolir les inégalités sociales, politiques, juridiques, économiques et culturelles dont les femmes sont les principales victimes.

On ne parle pas ici de brûlage de brassière, d’extrémisme, d’écrasage d’hommes, ou de  retirage de droit de rester à la maison avec les enfants si le coeur nous en dit, par exemple. Au contraire. On est simplement *pour* l’égalité. On est *pour* permettre à toutes d’avoir le choix de faire des choix. Pas, *contre* les hommes. L’égalité, me semble que tout le monde souhaite ça à tout le monde, non?

 

Laissez-moi donc vous offrir un raisonnement béton.

Si quelqu’un :

  • est une femme;
  • connait une femme tout en l’aimant; 
  • est parent ou grand-parent d’une fille tout en souhaitant son bien;
  • est simplement empathique un minimum en général dans’ vie;
  • aime la justice;
  • toutes ses réponses;

il.elle doit d’être féministe

 

Je suis féministe. Je souhaite l’égalité des opportunités chez les hommes et les femmes. L’égalité. La vraie. Celle qui n’existe pas, puisque par exemple, loin de chez nous (ou peut-être pas tant que ça) des jeunes filles font toujours l’objet de traffic sexuel. Celle qui n’existe pas, puisque, à l’autre bout du spectre, chez nous (et pas que là) les salaires moyens des hommes sont encore plus élevés que ceux des femmes. C’est sans parler de l’inégalité des sexes dans l’attribution des postes de haute direction d’entreprises ou en politique.

Je suis féministe parce que je souhaite l’égalité des sexes et qu’il m’arrive encore de sentir que je ne suis pas traitée en égale aux hommes. Que ce soit au travail ou dans un parking public (l’employé avait pris pour acquis que je ne serais pas capable de stationner mon auto en reculant, dans un espace restreint. Je lui ai montré de quel reculons j’me chauffe en titi. Wô).

Je suis féministe car je souhaite être traitée en égale au hommes.

Je suis féministe car je souhaite que nos filles soient traitées en égales aux hommes.

Je suis féministe car ce n’est pas encore le cas.

 

Je vous laisse sur un extrait d’un billet drôle et brillant de Maia Mazaurette pour Madmoizelle.com

15 mauvaises raisons de ne pas être féministe

«Je ne suis pas d’accord avec les féministes »

Sauf si tu es contre les droits des femmes, ça va être compliqué de ne pas être d’accord avec les féministes, tout simplement parce que leurs positions sont incroyablement variées. Si tu penses que les hommes viennent de Mars, tu es féministe essentialiste (tu crois qu’il y a une « essence » masculine ou féminine). Si tu penses qu’on est humains avant tout, tu es anti-essentialiste. Si tu crois qu’on apprend surtout à se comporter comme une femme, tu es constructionniste. Et la liste ne s’arrête vraiment pas là (mais les pages Wikipédia te donneront un schéma complet). Certaines féministes sont pour le porno ou pour la prostitution, d’autres sont contre, d’autres soutiennent les femmes qui retournent au foyer, d’autres encouragent les super carrières pro – la plupart sont pour tous les modes de vie, pourvu qu’ils résultent d’un choix éclairé… Ne pas être d’accord avec les féministes, ça ne veut tout simplement rien dire. En France, rien qu’entre Elisabeth Badinter et Clémentine Autain, c’est le grand écart ! Une affaire comme celle du voile le montre très bien. La seule chose qui soude les féministes, c’est l’envie de conserver et de faire progresser les droits des femmes. Dur d’être contre.

 

Pour votre propre photo de Rosie the Riveter, c’est par ici.
Pour ma page Facebook, c’est ici.
Pour mon fil Instagram, c’est ici.
Pour mon twitter, c’est ici.
Pour lire mon billet du 8 mars 2014, c’est ici.

 

Marie habite à Montréal, est co-fondatrice de www.enamour.co et une maman sérieuse, la plupart du temps. Ok non pas la plupart du temps pantoute.

Be first to comment