Être un parent qui “fait la job” en 2014

Mardi je suis allée à la conférence « Être parent en 2014 », présentée par La Presse. Un panel de discussion animé par la parfaite Marie-Claude Lortie avec les non-moins parfaits Olivia Lévy, François Cardinal, Sylvia Galipeau et la psychologue Nadia Gagnier.

On y a beaucoup parlé de conciliation travail-famille (ben oui, encore ça. tant qu’on aura pas trouvé les vraies solutions, on ne se tannera pas d’en parler), de l’influence des écrans et du challenge que ça représente pour tout le monde, enfants et même parents – ne trouvez-vous pas que vous êtes trop branchés, vous aussi? De la pression sociale d’être parent, de la volonté d’un grand nombre de vouloir offrir « le meilleur à son enfant » et des répercussions sur sa vie quotidienne. De l’importance de son réseau social, des amis / voisins. Qu’on ne devrait pas avoir peur de demander de l’aide. Que ce réseau est salvateur de santé mentale.

Ma découverte de la soirée: Olivia Lévy qui est pétillante, spontanée, brillante et très drôle.
La personne avec qui j’ai été d’accord à 99.9% : François Cardinal. Il est brillant aussi, mais ça, on le savait déjà.

Il nous a parlé de concepts comme: les parents-hélicoptères*, les parents-curling*.

De l’idée de laisser son enfant faire des découvertes sans tout lui expliquer d’avance. Lui laisser se péter la gueule un peu, des fois, pour apprendre. (Péter la gueule physiquement, dans l’apprentissage académique ou même au niveau social.) Lui laisser l’autonomie d’aller jouer dehors, d’explorer. Il a écrit un livre à ce sujet que je vais d’ailleurs lire derechef. Il nous parle aussi de la pression de la performance. Des enfants organisés, sur-bookés d’activités et surstimulés. Que les enfants n’ont pas assez de temps pour s’ennuyer. Ouéoui, s’ennuyer ou rêvasser! Quand un enfant s’ennuie, il laisse libre cours à sa créativité.

C’est plate = je vais m‘inventer un jeu pour me désennuyer.

Des enfants bien élevés, des parents qui font une job ben correct

Je vais même pousser jusqu’à dire que des enfants qui s’emmerdent un peu parfois, sont des enfants mieux élevés.  Ils naviguent bien dans des situations sociales d’adultes. Ça fait des enfants « sortables ». Ils n’ont pas besoin de l’attention constante de leurs parents. Ni besoin d’être constamment stimulés et savent se divertir seuls. Ne passent pas leur temps à interrompre leur parents qui essaient d’avoir une conversation et/ou boire un drink. Heille, pensez-y!

Aussi, quand les enfants s’emmerdent et verbalisent leur emmerdement (!), peut-être qu’on les organise pour éviter de se sentir coupable qu’ils s’emmerdent?

Une dernière grande parole de François. Dans ma tête, François Cardinal et moi on est désormais “d’même” [insérer photo de moi avec les doigts croisés ici] alors oui, je l’appelle par son prénom :

Un moment donné, il faut être capable de mettre la switch de la culpabilité à off et ça, ça nous permet de gérer bien mieux beaucoup de situations.

Il faudrait donc aspirer à, par exemple:

– Ne pas se sentir coupable parce que son enfant s’emmerde.
– Ne pas se sentir coupable parce que son enfant n’est pas inscrit au socceryogahockeyballemolle.
– Ne pas se sentir coupable parce que son  enfant a mangé des céréales pour souper.

Moi je dis: Hells. Yes.

À bas la culpabilité, mangeons des céréales pour souper.

 

worlds-okayest-mom

*Parent hélicoptère, Wikipédia.

“Le terme parent hélicoptère désigne au Canada et aux États-Unis un parent qui « plane » au-dessus de son enfant pour le diriger vers le « meilleur » futur qui soit, ou encore qui vole à son secours dès qu’un problème se présente. Ces parents « sont très engagés dans la vie scolaire, très près de leurs enfants et d’excellents conseillers pour les aider à traverser les diverses phases de la vie. » Incapables de dire non, ils n’enseignent pas la gestion de la frustration à leurs enfants.”

*Parent curling, blog perdussanslanature.com

“En les surprotégeant, en les empêchant de rencontrer tout obstacle comme plusieurs d’entre nous le faisons régulièrement, nous les privons d’éléments essentiels à leur devenir.

Autrement dit, en jouant au «parents curling» qui balaient tout ce qui se trouve sur le passage de nos enfants, nous nuisons au développement de leur autonomie, de leur débrouillardise et de leur persévérance.”

 

 

 

Marie habite à Montréal, est co-fondatrice de www.enamour.co et une maman sérieuse, la plupart du temps. Ok non pas la plupart du temps pantoute.

6 Comments

  • Reply May 15, 2014

    Geneviève

    Haha ! Pas de céréales au souper pour moi, mais j’ai bcp d’autres défauts. Comme laisser ma 3 ans crier TOUT le trajet du retour de la garderie parce que sa ceinture est ‘trop serrée maman !!’ Et monter le volume de la radio.

    • Reply May 20, 2014

      Marie Custeau

      Hahaha, excellent!

    • Reply May 24, 2014

      Marie Custeau

      Hahaha! Elle est trop serrée car tu te tortilles en criant. Assis-toi calmement puis tu n’auras plus mal aux épaules et à la poitrine! ;)

      • Reply May 24, 2014

        Geneviève

        Bonne idée. C’est ma prochaine réplique de la semaine. Merci. ;)

  • […] J’ai envie de m’égarer. Soyez patients, OK?  J’ai le souhait que les enfants fassent partie de la vie. Celle en général, tsé. Qu’ils soient les bienvenus dans la plupart des restos et des cafés, mais que surtout, ils soient capables de bien s’y comporter. Plus y sortent, plus ‘sont sortables. Plus ‘sont sortables, plus on les sort. C’est une spirale ascendante et j’en parlais un peu dans mon billet d’hier. […]

  • Reply June 11, 2014

    Pascal Soulières

    sa devrait être intégré dans toutes les comissions scolaires , car je trouve que parfois les éducatrices spécialisées qui passent leur temps à trouver les supposés “bobos” qu’a nos enfants , elles déraillent par bouts.

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